L’assurance habitation en location concerne d’abord le locataire : la loi impose de souscrire une garantie couvrant au minimum les risques locatifs avant même la remise des clés. Le propriétaire bailleur, de son côté, a intérêt à compléter cette couverture par une assurance propriétaire non occupant (PNO), notamment en copropriété où elle devient obligatoire.
Comprendre ce que chaque partie doit couvrir, à quel prix et selon quelles garanties évite les mauvaises surprises au premier sinistre.
Assurance habitation locataire : obligation légale et garanties minimales
L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 impose au locataire d’un logement non meublé de souscrire une assurance couvrant les risques locatifs. Cette obligation s’applique aussi aux logements meublés lorsque le bail le prévoit explicitement. Sans attestation d’assurance, le bailleur peut refuser la remise des clés ou, en cours de bail, engager une procédure de résiliation.
Les garanties minimales exigées couvrent trois risques : incendie, dégât des eaux et explosion. En pratique, la plupart des contrats multirisques habitation pour locataire incluent aussi la responsabilité civile vie privée, le vol et le bris de glace, mais seuls les risques locatifs constituent le socle obligatoire.
Fourchettes de prix pour le locataire
Le coût d’une assurance habitation locataire varie selon la surface, la localisation et le niveau de garanties choisi. Pour un studio ou un deux-pièces, les tarifs se situent généralement entre 80 € et 150 € par an. Un appartement de trois ou quatre pièces coûte plutôt entre 150 € et 250 € par an.
Pour une maison individuelle en location, la fourchette monte entre 200 € et 400 € par an selon la surface habitable et la zone géographique. Les locataires en zone exposée aux catastrophes naturelles subissent un surcoût direct depuis le passage de la surprime catastrophes naturelles de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025.
Critères de choix pour le locataire
Le prix ne suffit pas à départager deux contrats. Plusieurs points méritent une vérification avant de signer :
- Le montant de la franchise par sinistre : une franchise de 150 € ou 300 € change le reste à charge sur un dégât des eaux courant. Une franchise trop élevée rend l’assurance peu utile pour les sinistres fréquents.
- Le plafond de remboursement du contenu : les contrats d’entrée de gamme plafonnent souvent la valeur des biens mobiliers à quelques milliers d’euros, insuffisant si le locataire possède du matériel informatique ou des meubles de valeur.
- La garantie rééquipement à neuf : sans cette option, l’indemnisation tient compte de la vétusté. Un canapé de cinq ans sera remboursé à une fraction de son prix d’achat.
- L’assistance en cas de sinistre : relogement temporaire, prise en charge des frais de déménagement d’urgence. Ces garanties varient fortement d’un assureur à l’autre.

Délai de souscription côté locataire
La souscription en ligne prend effet généralement sous 24 à 48 heures. Certains assureurs proposent une prise d’effet immédiate, ce qui permet de fournir l’attestation au bailleur le jour de la signature du bail.
Le locataire doit fournir une attestation à l’entrée dans les lieux, puis chaque année à la demande du bailleur. En cas de non-renouvellement du contrat en cours de bail, le propriétaire peut souscrire une assurance pour le compte du locataire et lui répercuter le coût sur les charges.
Assurance PNO du propriétaire bailleur : ce que le contrat couvre en complément
L’assurance propriétaire non occupant n’est pas un doublon de celle du locataire. Les deux contrats couvrent des périmètres différents, et c’est leur articulation qui protège réellement le bailleur.
En copropriété, chaque copropriétaire doit souscrire une assurance responsabilité civile couvrant les dommages provenant de ses parties privatives. En copropriété, l’assurance PNO du bailleur est une obligation légale, pas une simple recommandation.
Couverture du bâti pendant la vacance locative
Entre deux locataires, le logement n’est couvert par aucune assurance si le bailleur n’a pas de contrat PNO. Un logement vacant sans PNO laisse le propriétaire seul face aux dégâts subis et aux dommages causés à autrui.
La convention IRSI, qui organise la gestion des sinistres en copropriété, dépend du statut d’occupation du lot au moment du sinistre. Si le logement est vacant, c’est l’assureur PNO qui est sollicité. Un logement vacant non assuré bloque le circuit IRSI et complique l’indemnisation de tous les copropriétaires impliqués.
Fourchettes de prix pour la PNO
Pour un appartement, une assurance PNO se situe généralement entre 80 € et 200 € par an selon la surface, la localisation et le niveau de garanties. Pour une maison individuelle mise en location, la fourchette monte entre 150 € et 350 € par an.
La hausse de la surprime catastrophes naturelles à 20 % depuis janvier 2025 a fait progresser ces montants de plusieurs dizaines d’euros sur les renouvellements. Ce renchérissement pousse certains bailleurs à revoir leurs garanties à la baisse, un arbitrage risqué qui augmente le reste à charge en cas de sinistre.

Garanties à examiner dans un contrat PNO
- La garantie « recours des locataires » : elle indemnise le locataire si un vice du bâti (toiture, canalisation encastrée) cause un sinistre. Sans elle, le bailleur paie de sa poche les dommages aux biens du locataire.
- La garantie « vacance locative » : elle maintient la couverture pendant les périodes sans locataire. Certains contrats limitent cette garantie à une durée maximale par an.
- La garantie « perte de loyers » : en cas de sinistre rendant le logement inhabitable, elle compense les loyers perdus pendant la durée des travaux. Vérifier le plafond et la durée d’application de cette garantie reste nécessaire.
- Le niveau de franchise : sur un bien locatif, où le bailleur ne maîtrise pas l’usage quotidien du logement, une franchise trop élevée peut se révéler coûteuse dès le premier dégât des eaux.
Pièges courants et points de vigilance pour locataire et bailleur
Le défaut d’assurance du locataire en cours de bail
Beaucoup de bailleurs ne vérifient l’attestation qu’à l’entrée dans les lieux. Un locataire qui ne renouvelle pas son contrat en cours de bail laisse le logement partiellement découvert. Mettre en place un rappel annuel de demande d’attestation reste le moyen le plus simple d’éviter cette situation.
En cas de défaut constaté, le propriétaire dispose de deux options : résilier le bail après mise en demeure restée sans effet, ou souscrire une assurance pour le compte du locataire et lui répercuter le coût.
Les exclusions de garantie liées au défaut d’entretien
Certains contrats PNO excluent les sinistres liés à un défaut d’entretien du bâti. Si le bailleur n’a pas fait réparer une toiture vétuste et qu’une infiltration endommage le logement, l’assureur peut invoquer cette clause pour refuser l’indemnisation.
Les travaux d’entretien et de mise aux normes ne sont pas seulement une obligation légale du bailleur : ils conditionnent aussi l’effectivité de son assurance.
Délai de souscription PNO et articulation avec le bail
Souscrire une PNO avant la signature du premier bail est la séquence logique. Le contrat peut généralement être activé sous quelques jours, mais la couverture ne prend effet qu’à la date indiquée, pas rétroactivement.
En cas de changement de locataire, la PNO reste active sans démarche supplémentaire, à condition que le contrat inclue la garantie vacance locative. C’est l’un de ses avantages par rapport à l’assurance du locataire, qui cesse avec le départ de celui-ci.

Que vous soyez locataire à la recherche d’un contrat multirisques ou propriétaire bailleur souhaitant sécuriser votre bien, le niveau de couverture pertinent dépend de votre situation précise (copropriété, vacance locative, ancienneté du bâti). Le formulaire ci-dessous permet de recevoir un devis adapté : remplissez-le pour être rappelé par un professionnel qui analysera votre cas et proposera un contrat ajusté.

